Posts Tagged ‘Cancer’

Suis-je concerné par le cancer?

Samedi, janvier 19th, 2008

Je pose cette question en guise d’introduction, parce que, bien évidemment, je suis personnellement très concerné: j’ai eu un cancer à 43 ans, heureusement complètement guéri grâce à la médecine moderne occidentale. C’est le côté “chimique”, souvent décrié, de cette médecine qui m’a guéri de manière extrêmement efficace (rémission totale), rapide (en quelques mois) et de manière “très confortable” (très peu d’effets secondaires). Un comprimé Glivec par jour, un peu de douleurs à l’estomac, des crampes musculaires pendant 2 mois et une fatigue importante pendant plusieurs mois. Rien de terrible, comparé à une chimio, une radiothérapie, une greffe de moëlle, une amputation, etc…

Je suis, vous le savez, concerné à plus d’un titre car mon fils Pierre est actuellement en cours de traitement pour un cancer des os (Sarcôme d’Ewing).

Et avant que ces évènements me tombent sur la tête?… Je dois bien avouer que je ne me tracassais pas beaucoup pour le cancer, probablement comme la plupart d’entre nous. Aujourd’hui, j’y pense régulièrement, je lis, je me forme sur le sujet, je change mon alimentation, ma manière de réagir face aux évènements stressants de la vie, etc… Et je me fais parfois la réflexion que “les autres” ne se tracassent pas beaucoup pour le cancer. Puis je me dis que, finalement, c’est comme moi, “avant”. Et un peu aussi, comme moi “maintenant” pour d’autres maladies (je ne me tracasse pas beaucoup pour le diabète, le cholestérol, l’infarctus…). Et dans un sens, c’est bien ainsi: il faut vivre joyeux, heureux, sans toujours penser à ce qui pourrait ne pas aller. Se morfondre et vivre dans la crainte perpétuelle ne ferait qu’affaiblir notre système immunitaire et précipiter les maladies que nous craignons…

Pourtant, le petit tableau suivant suscite quand même une certaine réflexion:

tableau-risques-cancer.jpg

(source: Les aliments contre le cancer p. 18, et Time magazine)

D’autres sources (Anticancer, p. 15 et d’autres références de ce bouquin, cf “Introduction 1,2″) précisent qu’une personne sur quatre mourra d’un cancer (1 sur 3 aura un cancer). Il s’agit de statistiques pour nos pays d’occident (Europe, Etats-unis, Australie…), les autres pays étant moins menacés.

Faut-il avoir peur? Quels sont les facteurs de risques? Que faire pour limiter les risques?

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Aller faire amputer son fils

Mercredi, décembre 19th, 2007

Par moment, cela me paraît complètement irréel… Dans quelques heures, nous quitterons la maison pour aller faire amputer notre fils… Notre plus jeune enfant. Ce petit dernier qu’on a tendance à couver, qu’on ne veut pas voir grandir trop vite… Comme l’a si bien dit Nathalie, ce petit oiseau dans notre nid. Les émotions sont bien mélangées: peur, tristesse, compassion, espoir, gratitude, soulagement…

Peur de l’inconnu, de la vie qu’il mènera avec une jambe en moins. Peur de la mort, de la rechute. Peur de perdre un enfant. Je repense plus qu’à l’accoutumée à plusieurs de nos proches qui ont perdu un enfant, il y a peu ou il y a longtemps. C’est une épreuve qui paraît si terrible… Parfois je me demande comment on peut trouver la force de vivre après une telle épreuve. Et puis ceux qui sont dans le cas ont l’air d’y arriver quand même. Où trouvent-ils cette force incroyable?

Tristesse aussi. Mais j’ai du mal à déterminer précisément pourquoi je ressens cette tristesse. Pourquoi souffre-t-on tellement plus pour ses enfants que pour soi-même? Je me suis mentalement imaginé plusieurs fois ce que me ferait le fait de perdre ma propre jambe. Bien sûr, ce ne serait pas génial, mais en même temps ce serait loin d’être la fin du monde. Ca me paraît tout à fait gérable. Mais quand je pense à Pierre, cela me paraît beaucoup moins gérable… L’attachement semble amplifier les émotions. Et pourtant je sais, intellectuellement, que nous ne sommes pas nos enfants, qu’ils ont leur propre vie à vivre, qu’il faut arriver au juste détachement…

Compassion pour Pierre, pour Nathalie qui souffre, pour Robin et Lucie qui doivent vivre ces moments difficiles en pleine adolescence, pour nos parents, pour les parents des autres enfants que nous croisons à la Citadelle, pour ceux qui ont perdu un enfant…

Espoir que cette amputation puisse être la dernière étape de ce chapitre “Cancer”, malgré la peur de la rechute. Les traitements font tellement de progrès: la chimiothérapie, les traitements d’accompagnement (le PAC, la surveillance rapprochée des paramètres, le laser, les transfusions, les divers médicaments, le retour rapide à la maison, les soins à domicile, la salle de jeux à la Cita, les infirmiers, les animateurs, les médecins…). Espoir aussi que les thérapies ciblées se développent vite (comme le Glivec pour moi, avec son efficacité tellement fulgurante qu’il transforme une maladie mortelle en quelque chose de presque banal…).

Gratitude envers tous ces “soignants” qui font de leur vie une suite interminable d’actes de don de soi, de générosité, d’attention aux autres. Gratitude envers tous ceux qui nous manifestent leur soutien d’une manière ou l’autre; la famille, les amis, via le blog, les emails, les sms… Gratitude envers tous ceux qui nous aident par diverses petites tâches. Parfois je suis perplexe face à ces signes de soutien: certains nous apportent bien plus que ce que je ne leur aurais probablement apporté si la situation avait été inversée. Je suis “bluffé”. Ca force à l’humilité. A se remettre en question…

Soulagement aussi… que je trouve un peu bizarre. Car ce soulagement vient souvent de la “comparaison à pire”. S’il devait perdre un bras, ce serait plus difficile… Si on devait l’amputer des deux jambes aussi (on a de la “chance” que les deux tumeurs principales soient dans la même jambe). Perdre Pierre serait aussi beaucoup plus difficile à vivre…

Qu’elle est bizarre, la vie. Quelle différence de perspective à son égard quand on a 10 ans, 20 ou 40… Pourtant, elle, elle ne change pas - c’est notre perception qui change. Que dire alors des divergences de points de vue que nous pouvons tous avoir sur un même évènement? Tout n’est-il pas que perception individuelle?

Allez. Courage. L’amputation, c’est pour guérir.

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Fait chier, ce cancer!

Vendredi, décembre 7th, 2007

Là, il exagère, ce foutu cancer… :-( Désolé pour les grossièretés en public, mais là, il exagère de trop! Cela fait 6 mois qu’on fait tout pour guérir notre petit Pierre, qu’il passe par des chimios pas jojo, qu’il accepte l’isolation en chambre stérile (lui qui aime tant les copains) pendant des semaines, qu’il a même accepté qu’on lui coupe une jambe… le tout avec le sourire la plupart du temps.

Pour nous, on est sur la bonne voie, il est en train de guérir! Et voilà qu’on reçoit un “second avis” de médecins étrangers qui, ayant vu les divers scanners et autres RMN, “se demandent si l’amputation est nécessaire, vu le pronostic ’si défavorable’…”. Autrement dit, en plus clair et plus cru: pourquoi faire passer Pierre par cette étape difficile si de toutes façons, c’est pour le perdre…

Merci bien, mais M*$§%! C’est pas mon pronostic à moi, çà! Je ne veux pas aller sur cette voie…

Quelle baffe dans la gueule, après tant d’efforts…

Encore désolé pour les grossièretés (il y en a beaucoup d’autres que je me suis empêché de dire…)

Vincent

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La cancer: gérer la peur

Samedi, décembre 1st, 2007

Souvent on a très peur du cancer. Pire: quand on l’a, on ne sait pas trop ce que c’est ni où il est. C’est un peu “un monstre tapis on ne sait où”. Pourtant, pour pouvoir réagir, il faut savoir contre quoi on doit réagir et de manière précise. Pour aider Pierre, j’ai donc voulu qu’il puisse se rendre compte très clairement de ce qu’était le cancer. J’ai pu trouver quelques photos montrant très clairement des cellules cancéreuses, qui plus est, attaquées par des globules blancs. Sur les photos ci-dessous, on distingue de longues cellules brunes. Ce sont des cellules cancéreuses. On distingue aussi les globules blancs: les petites boules qui, quand elles s’attaquent à la cellule cancéreuse, s’allongent.

cellules-cancer-1.jpg

Bien sûr, parfois, il faut un coup de main des produits de la chimio (quand le “cancer s’affole”). Mais saviez-vous que nous avons tous en permanence des milliers de cellules cancéreuses (càd des cellules défectueuses suite à la division cellulaire tout à fait normale)? En général, notre système immunitaire est capable de les éliminer seul. Ci-dessous une cellule cancéreuse morte, desséchée, avec un globule blanc devant.

cellules-cancer-2.jpg

Ces deux photos font partie de notre “thérapie globale”. En plus des excellents traitements de la médecine classique (comme la chimio, la radiothérapie, la chirurgie, les médicaments ciblés…), nous tâchons d’adresser les facteurs psychologiques, alimentaires, environnementaux… Et savoir regarder le cancer en face est important: il faut que le cerveau sache où concentrer son action de défense. Il ne faut pas croire ce cancer tout puissant (ce n’est “que” un dérèglement de division cellulaire, même s’il peut être mortel parfois).

Copyright: Ces photos sont extraites d’un magnifique livre, Être, que nous vous recommandons pour ses photos de la vie incomparables. Ne craignez rien, il n’y a que 3 photos de cellules cancéreuses… Le reste, ce sont des photos d’embryons, de parties du corps humain, etc… Elles ont été prises par Lennart Nilsson, un photographe d’exception.

Vincent

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